Réalité d’aujourd’hui

En marge du Vieux-Québec, une nouvelle destination touristique voit le jour dans le quartier Saint-Roch, secteur dynamique de la Capitale. Le présent fait place à une revitalisation urbaine et branchée sur l’avenir. Le défi principal est d’attirer la clientèle touristique par des boutiques et restaurants de destination que l’on ne retrouve pas ailleurs. De plus, la conception de cette artère commerciale permet aux visiteurs de découvrir un milieu de vie authentique, agréable et novateur. L’offre culturelle, commerciale et artistique est une force incontestable dans le quartier, proposant ainsi une expérience originale.

Depuis l’an 2000, 380 millions de dollars ont été investis dans ce quartier afin de rénover et de reconstruire la plupart des édifices de la rue Saint-Joseph. L’enlèvement du toit du Mail Centre-Ville contribue à une amélioration considérable d’un milieu de vie unique. La Ville de Québec a enfin retrouvé son centre-ville et permet à tous de redécouvrir le Nouvo Saint-Roch et ses nouveaux attraits.

De ce fait, le secteur fait partie depuis 2008 du circuit pédestre de 5,3 km qui vous mène de la Grande Allée Est dans la Haute-Ville de Québec, au Vieux-Port dans la Basse-Ville, en passant par quelques-unes des rues et places les plus pittoresques du Vieux-Québec. Tout au long du parcours, nous pouvons voir les constructions et monuments qui mettent en évidence les différents styles propres de chaque époque.

Le Quartier... un peu d'histoire

Parmi les quartiers de la ville de Québec, Saint-Roch occupe une place à part, considérant que celui-ci est l’un des plus anciens faubourgs de la ville. Il se développe très tôt sous le régime français et, de nos jours encore, ses rues et son architecture témoignent de son ancienneté. Son originalité tient également à l’imbrication des différents types d’activités qui s’exercent dans ce secteur. Au sein de ce quartier densément peuplé, le parc Victoria se présente comme un havre de paix dans un milieu très urbain, ce qui augmente considérablement la présence de verdure dans Saint-Roch.

Tout au long du XIXe siècle, le quartier est au cœur d’activités florissantes. Dans la première moitié du siècle, le commerce du bois et la construction navale prédominent. Dans la seconde moitié, ce sont les activités commerciales et manufacturières qui se développent à un rythme effréné. Sa situation géographique favorise Saint-Roch : il est près du port, près des voies ferroviaires et près des grands lieux d’entreposage que l’on retrouve dans la Basse-Ville. Et l’artère qui en profitera le plus sera la rue Saint-Joseph qui traverse dans toute sa longueur le quartier. Dès 1863, un tramway reliant les marchés et qui aura pour impact d’augmenter l’achalandage, apportera l’ouverture de nombreux commerces de vente au détail.

Les premiers habitants du quartier Saint-Roch ont fait leur apparition en 1620, il s’agissait des récollets venus pour instruire les sauvages infidèles de ces contrées. Ils se sont installés près de la rivière et ils ont construit une petite église qu’ils ont dédiée à Saint-Roch. Pendant longtemps les récollets ont été les seuls résidents dans ce que l’on appelle aujourd’hui Saint-Roch. Par conséquent, on a vu apparaître les premières petites maisons à partir de la Gare du Palais, ces maisons inspirées de faubourg du régime français, compactes et érigées directement en bordure du trottoir, sont revêtues de briques brunâtres ou, plus rarement, de bois. Elles sont coiffées de toits à deux versants ou en mansarde et sont dotées de fenêtre à vantaux à la française.

Ce développement spectaculaire du quartier ne se produit pas sans catastrophe, en 1845 le quartier est anéanti par le feu, plus de 1630 habitations et magasins et plus de 3000 boutiques et hangars sont détruits. (1200 personnes se retrouvent sans abri tandis qu’on déplore 50 morts.) Ils profiteront de la destruction du quartier causé par le feu pour élargir et corriger l’étroitesse de certaines rues et modifier les constructions.

Au milieu du siècle, la revitalisation de l’artère commerciale et même du quartier est devenue la préoccupation tant des élus municipaux que des commerçants. Pour contrer l’influence négative des centres commerciaux, on songe à l’implantation d’une artère commerciale. À partir de 1967, la rue est transformée en centre commercial à ciel ouvert depuis le Boulevard Langelier jusqu'à la rue Saint-Roch. La rue est aménagée à l’aide de plantations, arbres, bacs à fleurs, bancs publics, et la circulation automobile y est interdite. La rue demeure fermée sur toute sa longueur en 1968. En 1970, c’est à l’unanimité que les marchands du secteur adoptent une résolution demandant à la Ville d’aménager un centre commercial couvert dans cette portion de la rue.

Enfin, rappelons qu’en 1998, la Ville a tenu des audiences publiques sur l’ensemble du projet qui visait le retrait du toit du Mail Centre-Ville et le réaménagement de la rue Saint-Joseph, entre les rues de la Couronne et Saint-Dominique. À la suite des audiences, la Ville décida d’enlever le toit du Mail Centre-Ville et de réaménager le secteur entre les rues de la Couronne et du Pont et d’évaluer, après cinq ans, la pertinence de poursuivre le projet. C’est dans cette perspective que le retrait complet du Mail Centre-Ville a été fait et qu’aujourd’hui nous pouvons redécouvrir l’artère commerciale comme il était autrefois.